Peugeot e208 en train de charger - ©2021 Matoo.blog

Pourquoi les voitures électriques vont cartonner

Vous en avez déjà conduite une, ou vous en avez peut-être une vous-même, les voitures électriques envahissent tout doucement nos centres-villes et nos campagnes. Mais parler de “carton” vous semble précipité ? Décryptons tout ça….

Comme la télévision est passée il y a quelques décennies du noir et blanc à la couleur, puis de l’écran cathodique à nous TV 4K actuelles, les technologies avancent. Et le secteur de l’automobile ne fait pas exception. La grande révolution qui est en train de se jouer en ce moment concerne la conscience de son environnement et l’économie d’énergie. Et c’est tout l’enjeu de années qui arrivent.

Depuis Henry Ford et son fameux « Modèle T », on n’a jamais vu une telle révolution : la fée électricité fait avancer nos bagnoles ! En tant que telle, la voiture électrique existe depuis longtemps, mais un usage au quotidien restait jusque-là compliqué. Un doux rêve il y a encore 10 ans où l’autonomie de ces voitures dépassait rarement les 200 km.

Outre la règlementation européenne qui pousse les constructeurs à investir dans la voiture électrique en diminuant le seuil d’émissions de CO2, de nombreux observateurs du secteur estiment que nous avons déjà dépassé le point de basculement où les ventes de véhicules électriques dépassent celles des moteurs à essence et diesel. Un avis partagé par les constructeurs eux-mêmes.

Un boom discret comme l’était celui d’Internet

Rappelez-vous, nous étions à la fin des années 90 quand Internet débarquait sur nos bureaux. D’abord considéré comme un buzz, il s’est installé d’abord sur nos gros écrans d’ordinateurs beiges début 2000 jusqu’à squatter nos poignées 15 ans plus tard avec l’Apple Watch. Jeff Bezos avait créé Amazon et Google commençait à prendre le relais d’Altavista, Lycos et Yahoo.

Certains regardaient Internet comme une bestiole fascinante mais doutaient fortement de son importance. Comment pouvait-on penser que MSN Messenger puisse cartonner alors qu’on pouvait simplement se téléphoner et s’envoyer des SMS ? Après tout, c’est vrai, même sans Internet, nous pouvions toujours communiquer entre nous.

Sa croissance a été explosive, écrasant les entreprises existantes et changeant la façon dont nous faisons presque tout. Et c’est le destin que semble suivre la voiture électrique. L’internet est passé par différentes phases : d’un démarrage lent à une croissance exponentielle, puis un ralentissement vers un marché mature avec les smartphones, la photographie et même les antibiotiques. Au tournant du siècle dernier, le moteur à combustion a suivi la même trajectoire. Les machines à vapeur et les presses à imprimer également. Et les véhicules électriques feront de même.

Des débuts compliqués

La première voiture électrique a été créée par l’Écossais Robert Anderson dans les années 1830. Depuis, l’idée de développer un véhicule électrique grand public a été abandonnée – notamment à cause du stockage de l’énergie et d’un prix élevé – jusqu’à récemment. Lancée en 1998, l’EV1 de la marque General Motors a coûté un milliard de dollars en recherche et développement mais n’a pas réussi à décoller. Quelque 1000 voitures ont été produites, la propulsant dans les abimes des plus grands échecs automobiles.

En cause : son autonomie d’environ 90 km et surtout un conflit politique lié à la législation californienne dont les patrons de GM ne veulent pas. En effet, la Californie impose aux constructeurs de vendre un quota de véhicules zéro émission. La machination du groupe est simple : faire basculer l’opinion publique pour faire changer la loi et prouver à l’état américain que « les voitures électriques ne se vendent pas ». Tout est mis en œuvre pour stopper le projet qui a coûté très cher en développement et annuler la production à coup de création de fausses associations de consommateurs mécontents et éditos dans les journaux.

Malgré des listes d’attente de clients et un retour positif des locataires, GM déclara qu’il ne pourrait écouler assez de voitures pour rendre ce programme rentable. GM détruisit la majorité de celles-ci et demeura silencieux par la suite.

Mais les avis des journalistes et propriétaires se sont rangés derrière l’auto électrique. Pour Quentin Willson, présentateur de Top Gear, et malgré une autonomie très limitée, « Je me souviens avoir pensé que c’était l’avenir ».

Un changement de mentalité et une révolution industrielle

Des améliorations massives ont été opérées sur les moteurs, les ordinateurs qui les contrôlent, les systèmes de charge et la conception des voitures. Mais le plus grand bond concerne le cœur de la machine, ce qui en fait un objet utilisable au quotidien : la batterie. Autant du point de vue de l’autonomie que de celui du prix, l’organe principal d’une voiture électrique est à la fois plus performant et plus abordable.

On note une chute spectaculaire des prix en 10 ans. Un rapport de BloombergNEF permet de se rendre compte de cette évolution année après année. Le cabinet d’analyses commente « Les batteries lithium-ion, qui étaient à plus de 1 100 $/kWh en 2010, ont baissé de 89 % dans les faits, à 137 $/KWh en 2020 ». Le kWh de batterie a presque été divisé par 5 en sept ans.

Prix des batteries au kWh des véhicules électriques 2013-2020 (Crédits BNEF)


On estime que l’on arrive à un pallier où l’achat d’un véhicule devient plus abordable que celui d’un véhicule à combustion équivalent sur l’ensemble de sa durée de vie. En effet, les batteries voyant leurs prix s’effondrer, cumulé à des aides de l’état toujours avantageuses, et un coût de fonctionnement plus faible (coût du carburant, et pièces d’usure absentes), il devient plus rentable de s’offrir une voiture électrique que d’opter pour son équivalent thermique.

L’année dernière, la première batterie au monde capable d’alimenter une voiture sur un million de kilomètres a été dévoilée par le fabricant chinois de batteries CATL ce qui en fait un élément durable et rentable.

Les entreprises qui gèrent de grandes flottes de voitures comme Uber et Lyft sont à la pointe de la transition, car les économies sont plus importantes pour les voitures à kilométrage élevé.

Et quand est-ce que ça va décoller ?

En réalité, ça commence déjà ! Comme Internet en sont temps, le marché de la voiture électrique connaît déjà une croissance exponentielle.

Les ventes de voitures électriques en France ont bondi en 2020, augmentant de 39% pour atteindre un total de 110 912 véhicules vendues en 2020, malgré une chute globale des ventes de voitures d’un cinquième pendant la pandémie de Coronavirus. D’ici 2025, 20% de toutes les voitures neuves vendues dans le monde seront électriques, selon les dernières prévisions de la banque d’investissement UBS. Ce chiffre passera à 40 % d’ici 2030, et d’ici 2040, pratiquement toutes les voitures neuves vendues dans le monde seront électriques, toujours selon UBS.

Source : https://www.automobile-propre.com/dossiers/chiffres-vente-immatriculations-france/

Cette montée en puissance est aussi due à une autre donnée que les fabricants appellent la « courbe d’apprentissage » : Plus nous fabriquons quelque chose, mieux nous le fabriquons et moins cher. C’est pourquoi les PC, les appareils de cuisine et – oui – les voitures à essence et diesel sont devenus si abordables. C’est cet aspect qui a également fait baisser le prix des batteries, et donc in fine des voitures électriques.

C’est certainement le point de vue du dirigeant de Tesla, Elon Musk. Il y a quelques semaines, il disait aux investisseurs que la Model 3 était devenue la berline premium la plus vendue au monde, et prédisait que la Model Y plus récente et moins chère deviendrait la voiture la plus vendue de toutes catégories.

Nous avons constaté un réel changement dans la perception des clients vis-à-vis des véhicules électriques, et notre gamme est la meilleure que nous n’ayons jamais vue“, a déclaré Musk lors de cette conférence.

Bon, c’est bien beau, mais il reste beaucoup de travail à faire avant que les véhicules électriques ne fassent sortir leurs concurrents essence et diesel de la route. D’autant plus que tout le monde doit pouvoir recharger sa voiture facilement et à moindre coût, qu’il ait ou non une borne de recharge à son domicile.

Et, si vous êtes toujours sceptique, je vous suggère d’essayer une voiture électrique par vous-même. C’est l’avenir !

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