Gran Turismo 7 se lance avec une longue séquence qui passe en revue un siècle d’Histoire de l’automobile. Comment en sommes-nous arrivés là et quel rôle l’industrie automobile a-t-elle joué dans le progrès industriel, ou comment la voiture est passée d’un outil réservé à quelques privilégiés à un élément du quotidien. Des airs de pianos accompagnés de photographies en noir et blanc, jusqu’à une séquence très rythmée mettant en scène toutes sortes de véhicules sur des circuits mythiques des épisodes précédents du jeu. Une longue présentation avec une saveur bienvenue, comme si c’était la dernière fois. Un hommage qui n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend : Gran Turismo nouveau est arrivé !

Gran Turismo est de retour, entre nouveautés et déjà-vu

Les premières heures avec Gran Turismo 7 sont particulières. D’abord, parce qu’on se rend compte que Polyphony Digital a pris en compte les demandes des fans distillées ça et là sur le net depuis une bonne décennie. Le passage à la haute définition avec Gran Turismo 5 a permis à la série dirigée par Kazunori Yamauchi d’avancer sur de nombreux aspects ; des côtés positifs et négatifs dans lesquels ce septième épisode numéroté a puisé, déterminé à vous mettre à l’aise dès la première minute. C’est un jeu vidéo d’auteur .

Lorsque des dizaines d’heures s’écoulent et que vous voyez arriver un état mental dans lequel vous vous sentez absorbé par l’expérience, que vous êtes là et dominez chaque virage à la perfection, vous vous rendez compte que que le studio japonais a une fois de plus réalisé ce qui semble impossible : surpasser les deuxième et quatrième épisodes, que d’aucuns considèrent comme les meilleurs de la série. Heureusement, ce titre satisfera non seulement les vrais mordus de moteur en général, mais aussi ceux qui considèrent cette saga comme trop intimidante, trop “simulation”, et qui peuvent se sentir effrayés. En fait, Gran Turismo 7 est extrêmement réaliste à bien des égards, trop conservateur à d’autres et, malgré ses imperfections, accessible sans renoncer à sa profondeur traditionnelle.

Kazunori Yamauchi en 2015 ©Thesupermat (CC BY-SA 4.0)

Le défi de Gran Turismo 7 n’est pas seulement de servir aux fans de Gran Turismo ce qu’ils attendaient depuis longtemps, la profondeur et le niveau de réalisme associés à Gran Turismo, il s’agit aussi d’attirer des jeunes qui jouent au jeu pour la première fois et ils leur enseignent vraiment : qu’est-ce que le monde de l’automobile ? Qu’est-ce que le réglage ? Quels sont ces paramètres ? Qu’est-ce qu’une carrière implique ? C’était un défi pour Gran Turismo 7 : être capable de transmettre toutes ces différentes choses, à partir de zéro, à la nouvelle génération de futurs passionnés de voitures.

Kazunori YamauchiInterview IGN du 16 Sep 2021

Kazunori Yamauchi a exprimé dans une interview à retrouver sur IGN son inquiétude de voir les nouvelles générations se désintéresser de la culture automobile, un passe-temps pour lequel les Japonais ressentent une dévotion ; au point qu’il est lui-même pilote. Et ça, on le sent immédiatement, manette en main. Les connaissances acquises depuis vingt-cinq ans se reflètent dans cet opus, prenant le meilleur de chaque épisode. De la présentation générale à la conception des menus – même si je trouve que parfois, l’ordre des icônes n’est pas optimal. Minimalisme dans l’interface, dans le design de chaque icône et la subtilité de chaque animation… Il se dégage une atmosphère élégante.

Manette en mains, ça donne quoi ?

Au total , 34 lieux nous attendent où se mélangent de vrais circuits et des tracés historiques de Gran Turismo, comme Trial Mountain, Deep Forest et High Speed ​​Ring, qui reviennent avec un lifting 4K du plus bel effet. L’effort de Polyphony Digital pour améliorer la physique des véhicules est perceptible dès le premier instant où on effleure le bitume. Le studio japonais a fait évoluer la simulation, à la fois du point de vue du comportement des voitures et de l’aérodynamique, et aussi du point de vue des pneus avec l’aide de fabricants tels que Michelin ou de pilotes professionnels des championnats FIA GT. 

Alors, est-ce qu’on ressent ces changements ? Oui, en particulier dans les changements aérodynamiques dus aux changements de hauteur, à la pente de la piste, à l’impact de la vitesse du vent ou de la pluie. Par mauvais temps, vous remarquez que vous perdez le contrôle du volant. En revanche, oubliez la prise en compte des collisions, les voitures ne subissent toujours pas d’impact lors des chocs et restent immaculées, de la ligne de départ jusqu’à la ligne d’arrivée. Pour un jeu s’autoproclamant “jeu de simulation ultime” il est difficile de tolérer que les collisions soient aussi discrètes. Il y a une amélioration par rapport à GT6 et GT Sport, attention, notamment du fait de l’inertie de positionnement, mais les conséquences de ces impacts sont négligeables, ainsi que les pénalités qu’elles engendrent. 

Côté DualSense, on sent que les retours haptiques et les vibrations, ainsi que les gâchettes adaptatives sont particulièrement adaptés aux jeux de bagnoles. Les touches L2 et R2 se comportent comme des pédales. On ressent les changements de rapport et la résistance de freinage, comme dans une vraie voiture. Insistez sur le frein en pleine accélération risque de bloquer votre moteur ! Le tout accompagné par des vibrations très sensorielles qui se transmettent aussi bien aux gâchettes qu’aux poignées. Selon le type de terrain que vous pratiquez, qu’il s’agisse de boue, d’asphalte, d’herbe ou d’une flaque d’eau, la vibration sera différente.

Les effets de lumière, notamment pendant la nuit, sont très convaincants. ©Matoo.blog

Visuellement très réussi

Gran Turismo 7 est à la pointe technologique, même s’il n’atteint pas le plafond technique de la PlayStation 5. Polyphony Digital propose deux modes graphiques sur PS5 : privilégier les FPS ou privilégier le ray tracing. Sachez par ailleurs que dans le premier mode, le Ray-Tracing est tout de même présent, mais dans certains modes uniquement. Le mode performance est celui que je recommande le plus dans pratiquement tous les cas. Viser les 60 FPS dans ce genre de jeu est capital. Je n’ai ressenti aucune chute de framerate par ailleurs. Si on choisit de donner la priorité aux FPS, la fréquence d’images la plus élevée possible sera utilisée tout au long du jeu. D’autres effets, y compris le ray tracing, seront au mieux réduits ou au pire complètement désactivés. Cependant, le ray tracing est actif dans certaines scènes 3D et en mode photo. Si on choisit le mode qui privilégie le ray tracing, ce dernier s’active dans les replays des courses et dans les scènes 3D.

Sur le plan visuel, le jeu est impeccable, avec un mode d’éclairage très avancé et bien positionné même avec le ray tracing désactivé. La lumière habille le châssis des modèles 3D des voitures et les enveloppe de réalisme. Polyphony a collecté des données météorologiques réelles de chaque lieu pour recréer avec précision les conditions nuageuses ou météorologiques qui leur sont propres. Notons l’excellent travail effectué sur la conduite sous la pluie, qui affecte dynamiquement l’asphalte et sèche tout au long de la course sur les lignes les plus fréquentées. L’intégration du radar de pluie dans la course est une excellente idée, surtout pour les parties en ligne où l’anticipation est tout un art.

Jusqu’aux gouttes de pluie, la modélisation des voitures est parfaite ! ©Matoo.blog

Conclusion : Ah, ça fait plaisir !

Quel plaisir de retrouver une licence si forte sur PS4 et PS5. On retrouve les mêmes réflexes, les mêmes repères, le tout emballé dans une nouvelle présentation élégante et polie à souhait. Dans l’ensemble, on retrouve les trois piliers fondamentaux de la série : la compétition, la collection et la photographie. Malgré son moteur de collision médiocre, une IA tout aussi améliorable et quelques menus quelque peu alambiqués, Gran Turismo 7 est une déclaration d’amour au monde du sport automobile. Accessible et pointu à la fois, voici un incontournable pour les passionnés de moteur, un titre qui a le potentiel de tenir sur une génération.

😚
17/20

Les plus

  • Graphiquement très réussi
  • Utilisation de la DualSense optimale
  • Des chargements quasi-inexistants
  • Climat dynamique et prise en compte du terrain pointus
  • Des nouveautés notables…

Les moins

  • … mais pas de révolution à attendre
  • Les collisions ne sont toujours pas prises en compte
  • Un IA parfois au fraise, largement améliorable

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