Ratchet & Clank Rift Apart : Bienvenue dans la next gen !

Depuis le lancement de la console en novembre 2020, peu de jeux peuvent se vanter d’être des exclusivités PS5. Et ce Ratchet & Clank, qui a fait sensation lors de sa dernière présentation il y a quelques semaines, promettait beaucoup sur le papier. Mais qu’en est-il finalement ? Éléments de réponse…

Ratchet & Clank est une saga qui a commencé sur PlayStation 2 en 2002. Depuis, les jeux du lombax et du petit robot sont sortis sur toutes les consoles PlayStation. Ce qui devait être une série de plateforme et devenue au fur et à mesure des aventures drôles, pleines d’actions et de découverte.

Ce nouvel épisode démarre alors qu’un événement public célèbre la réussite des deux compères, le Docteur Néfarious vient alors bouleverser la fête et vole le Dimensionateur, une arme permettant de changer de dimension. Et c’est là que le SSD (stockage de la console) prend tout son sens : le jeu permet de passer d’un monde à l’autre en une fraction de seconde. Ce qui peut sembler anecdotique pour les néophytes représente une véritable prouesse technologique. C’est la première fois qu’il est possible de charger des décors et éléments de façon immédiate sans aucun écran de chargement.

D’ailleurs, les chargements, parlons-en : il n’y en a pas ! La durée à partir du moment où vous lancez le jeu jusqu’à ce que vous contrôliez votre personnage se compte en secondes. Vous ne rencontrerez aucun écran de chargement tout au long de votre aventure. Aucun ! Que ce soit en chargeant une partie existante, lorsque vous mourrez où encore lorsque vous passez d’un personnage à l’autre, tout se fait à la volée, sans aucune transition. C’est véritablement magique !

Alors que Docteur NĂ©farious rĂ©cupère le trĂ´ne de son alter-Ă©go dimensionnel (qui est Empereur de son monde), Ratchet et Clank sont sĂ©parĂ©s, et c’est lĂ  qu’intervient un tout nouveau personnage : Rivet. Il s’agit du double de Ratchet du monde parallèle dans lequel nos protagonistes sont envoyĂ©s. C’est une jeune lombax en recherche de justice et qui prendra soin de Clank en l’absence de Ratchet. Alors que l’on croyait que ce dernier Ă©tait le dernier de son espèce, il semblerait qu’il reste quelques-uns de ses congĂ©nères quelque part… Vous passerez presque plus de temps Ă  jouer avec Rivet qu’avec son double masculin. Les deux personnages partageront leurs armes et armures – ce qui est un peu bizarre et irrĂ©aliste, il faut bien le dire – donc dès que vous dĂ©bloquerez un nouvel Ă©lĂ©ment et que vous le faites Ă©voluer, il sera disponible pour les deux protagonistes en mĂŞme temps. D’ailleurs, Ă  noter qu’il ne sera pas possible de passer d’un personnage Ă  l’autre, vous choisissez une planète, vous n’aurez pas le choix du hĂ©ros que vous incarnerez.

Rivet Ă  droite, le nouveau personnage de l’aventure, accompagnĂ©e par Clank Ă  gauche

La majeure partie du jeu se concentre sur ces homologues dimensionnels, qui ne sont pas des jumeaux exacts, mais plutĂ´t des personnages similaires avec des noms diffĂ©rents et des personnalitĂ©s lĂ©gèrement diffĂ©rentes dans ce nouveau monde. Rift Apart rĂ©compense les fans de longue date avec quelques clins d’Ĺ“il sur la façon dont les personnages alternatifs se comportent. Par exemple, M. Zurkon, un violent robot qui a Ă©tĂ© Ă  la fois une arme et un personnage dans les jeux Ratchet passĂ©s, possède maintenant un bar avec une politique stricte de non-combat.

Une claque visuelle

Autant le dire tout de suite, c’est une vĂ©ritable claque graphique ! On a tous eu hâte de voir des jeux ressembler Ă  des dessins animĂ©s Pixar, eh bien ça y est, on y est ! C’est très dense, le nombre d’Ă©lĂ©ments Ă  l’Ă©cran est impressionnant. Les reflets, textures et modĂ©lisation des Ă©lĂ©ments de dĂ©cor sont tel qu’on espĂ©rait pour un jeu “next gen”. J’ai vraiment eu l’impression de jouer Ă  un film, et j’ai souvent Ă©tĂ© de dire “Wow, c’est vraiment très très beau lĂ  !“. Les promesses sont tenues. CouplĂ© Ă  ça les chargements immĂ©diats et l’utilisation très ingĂ©nieuse de la manette DualSense, et l’expĂ©rience est complète.

L’usage des nouvelles fonctionnalitĂ©s de la manette de la PlayStation 5, la DualSense, est très complet. Les vibrations d’abord – le fameux retour haptique – sont très bien utilisĂ©s. Les bruits de mĂ©tal ou d’eau sont interprĂ©tĂ©s en lĂ©gères secousses qui sont dĂ©finies beaucoup plus prĂ©cisĂ©ment qu’avec les autres manettes. L’intensitĂ© et le type de mouvement sont beaucoup plus prĂ©cis, passant parfois de la gauche vers la droite, ou se transformant en onde de basse ; couplĂ© au haut-parleur, de bien meilleure qualitĂ© que celui de la manette PS4, qui accompagne subtilement ces vibrations. Une vĂ©ritable rĂ©ussite qui passe toutefois au second plan lorsque vous avez connu Returnal qui utilisait ces fonctionnalitĂ©s de la mĂŞme manière, mais quelques mois plus tĂ´t.

Et comment ça se joue ?

En terme de gameplay, on reste quand même sur de l’ultra-classique : vous suivez les aventures des personnages dans des plateaux plus ou moins grands, vous faites dérouler l’histoire en suivant l’objectif, et vous défoncez du méchant dans des espèces d’arènes. Le côté “plate-forme” est beaucoup moins présent qu’auparavant. Vous pouvez toujours visiter les lieux en usant de vos capacités de maniement de la manette, mais l’action est au cœur du gameplay. Je note toutefois des zones plus grandes semi-ouvertes, permettant de s’amuser à découvrir les secrets dissimulés un peu partout.

Concernant les fameuses failles dimensionnelles, vous pourrez traverser deux types de passages : une verte et une mauve. La première se trouve très souvent dans des lieux où vous rencontrerez des vagues d’ennemies et vous fera simplement vous déplacer d’un endroit à un autre sur une courte distance. La deuxième est plus massive. Elle vous permet de changer de dimension pour des plateaux bonus (qui vous apportera des éléments d’armures supplémentaires), et sera utilisée pour faire avancer le scénario. Dans les deux cas, vous ne pourrez pas les créer vous-même. Elles jalonneront votre voyage et sont imposées par le jeu.

Comme dans les épisodes précédents, vous achèterez de nouvelles armes dans des boutiques disséminées un peu partout dans le jeu avec les boulons que vous ramasserez sur votre chemin, et vous pourrez les faire évoluer avec des diamants bleus cachés ça et là. Vos armes, bien que spectaculaires, sont quasiment les mêmes que dans les autres titres de la franchises. Vous aurez l’arme de guerre, le fusil à pompe, le bazooka et les grenades. Mais d’autres équipements vous étonneront, notamment l’arroseur automatique qui recouvrira vos ennemis d’un couche de gazon les empêchant de bouger pendant quelques secondes. Je vous conseille d’utiliser l’Enforceur, un fusil à pompe qui, une fois bien boostés, explosera tous les ennemis dans un périmètre proche. On adore !

Le bestiaire est assez complet, des petits ennemis qui arrivent en meute, aux brutes armĂ©es d’épĂ©es ou de bazookas, jusqu’à l’espèce de T-Rex qui vous fera suer au dĂ©but, vous ne vous ennuierez pas. Le schĂ©ma se dessine assez vite, et vous dĂ©finirez très rapidement la mĂ©thode pour arriver au bout d’un mĂ©chant rien qu’en observant ses mouvements. Globalement, le jeu – que nous avons rĂ©glĂ© sur une difficultĂ© “normale” – est très accessible. Mes quelques morts Ă©taient plus dues Ă  des erreurs dans le contrĂ´le de mon personnage qui chutait dans le vide de temps en temps qu’au rĂ©sultat d’un combat perdu.

MĂŞme si l’aventure ne redĂ©finie aucunement le genre, le jeu est très agrĂ©able. Le ton global est lĂ©ger, drĂ´le, et attachant. Le scĂ©nario tient sur un post-it, certes, mais j’ai envie de dire que ce n’est pas ça qu’on recherche dans un titre tel que Ratchet & Clank : Rift Apart. Le personnage de Rivet est très bien introduit, elle a ses failles, ses forces, et le fait qu’elle ait une prothèse au bras permet de passer un message de courage, de rĂ©silience et d’ouverture d’esprit – mĂŞme si j’avoue que j’aurais bien voulu que ce bras mĂ©canique soit un peu plus exploitĂ© vis-Ă -vis de ses capacitĂ©s.

Une histoire sympa, des personnages très bien défini, le tout délivré par une technique irréprochable autant sur le graphisme que sur l’utilisation de la DualSense, Insomniac Games nous régale avec un titre qu’il ne faut pas rater.


Alors, c’est comment ?
Les PS5 débarque enfin dans la next gen avec un titre exclusif qui bouscule les habitudes en terme de graphisme, de chargement et d’utilisation de la manette. Le scénario reste des plus classiques, mais l’expérience de jeu mérite qu’on s’y arrête. Foncez !

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